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Bien que le capitaine Geille ait insisté sur tous ces inconvénients, les hautes autorités ne revinrent pas sur leur décision et Avignon-Pujaut était destiné à devenir le berceau du parachutisme militaire français.Il fallait maintenant préciser ce que devait être cc centre de formation d'instructeurs parachutistes et pour cela :
définir le « profil » du parachutiste pour permettre le recrutement des volontaires ;
décrire ce que doit être l'instruction, car aucun manuel militaire n'est édité sur ce sujet ;
prévoir ce que devrait être le rôle du parachutiste en cas de conflit ;
mettre au point les moyens qui doivent être adaptés à la fonction ;
envisager les armements individuels et collectifs;
adapter les aides indispensables à l'efficacité d'une action opérationnelle, etc.
Ce travail préparatoire, préludant la parution d'un arrêté officialisant la création de l'école des parachutistes. était d'un sédentarismne insupportable pour un homme d'action comme le capitaine Geille, mais qui mieux que lui aurait pu le faire. Cependant les difficultés surgissaient, sournoisement, notamment au sujet des parachutes que les autorités ne concevaient que comme moyen de sauvetage et ne comprenaient pas que ce qui est utile pour un pilote ne l'est pas pour un parachutiste dont le harnachement doit être conçu différemment. Ceci était dû à la méconnaissance du rôle dévolu aux troupes aéroportées qui devaient utiliser le parachute comme un mode de « transport » plutôt qu'un moyen de sauvetage.
Origines du parachutisme militaire
en France.
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Après trois semaines de formation à la rigoureuse méthode de l'école des instructeurs parachutistes russes, les capitaines Durieu et Geille sont brevetés. Ce sont les deux seuls officiers français qui ont droit au port de l'insigne du brevet de parachutiste russe.
Le mois de mai 1935 s'achève et la mission française se prépare à quitter Moscou. Le capitaine Charley-Durieu, de l'armée de 'l'erre, venu pour s'informer, traduira dans son rapport l'efficacité opérationnelle de cette nouvelle spécialité militaire et insistera sur la nécessité de former rapidement des unités parachutistes.
Le capitaine Durieu, de l'armée de l'Air, n'envisage pas de persister clans ce genre de sport et regagne sa base, ce qui permet au capitaine Geille de rester le seul qui puisse maintenant former des parachutistes (ce qu'il espérait secrètement).
De retour à Paris le capitaine Grille obtient, après maintes difficultés, l'autorisation du ministère de l'Air d'envisager la création d'un centre de parachutisme, au bénéfice de l'aviation terrestre et navale, pour former des instructeurs qui enseigneraient ensuite, à leurs camarades, l'art de se servir sans danger de ce moyen de sauvetage.
Peu soutenu, clans cette tâche, par le chef d'état-major général de l'armée de l'Air, il lui fut notifié que le centre serait rattaché à l'école de pilotage d'Istres.
Convaincre les hautes autorités que cette base n'offrait pas toutes les conditions requises pour en faire une école de parachutisme fut peine perdue. Motivé par des raisons économiques » ce choix fut maintenu et le capitaine Geille rechercha aux alentours d'Istres un terrain déjà aménagé qui puisse convenir. Il fit plusieurs propositions et le choix officiel se porta sur le terrain d'Avignon-Pujaut situé à une cinquantaine de kilomètres d'Istres.
Ce terrain placé au centre d'une cuvette entourée de collines rocheuses et abruptes comportait un hangar et un poste météorologique indispensable au calcul des points de lancement.
Les vents tourbillonnaient à l'intérieur de cette enclave dont le terrain était un rectangle, de six cents sur cinq cents mètres, entouré de vignes dont les échalas métalliques pouvaient être très dangereux lors d'atterrissages déportés au-delà de la zone de saut. Et, pour agrémenter le tout, une ligne électrique haute tension aboutissait à un transformateur érigé dans un angle du terrain.


