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ORIGINE DU PARACHUTISME MILITAIRE
EN
FRANCE
Par Robert WAGENER (BP N° 4370)

C'est en France, pour la première fois clans l'histoire du parachutisme militaire, que naquit l'idée de faire « descendre » derrière l'ennemi des soldats munis de vivres et d'explosifs. En effet, au mois de septembre 1918, le commandant Evrard fit valoir cette idée à l'État-Major français et obtint qu'une équipe de huit hommes soit entraînée pour effectuer une mission aéroportée dans les Ardennes. L'équipement de saut était constitué du parachute à ouverture commandée, qu'utilisait le pilote d'avion comme moyen de sauvetage, et d'une combinaison de mécanicien. Chargée de vivres, d'explosifs et de moyens de transmission, cette équipe devait être parachutée clans la vallée de la Meuse pour y détruire une importante ligne de chemin de fer et des centrales électriques.

L'opération était prévue pour le mois d'octobre 1918, mais l'avance rapide des troupes alliées dans cette région ne permit pas la mission envisagée et, l'armistice intervenant le 11 novembre, l'initiative du commandant Evrard sombra dans l'oubli.

Après cette Grande Guerre mondiale, mal nommée « La Der des Der », les tourments s'étant éloignés, la vie reprend dans la paix retrouvée. Les villes et les villages détruits sont reconstruits, des monuments dédiés au souvenir s'édifient... L'administration reprend ses droits et les tracasseries recommencent.

Les parachutes, que les pilotes utilisaient à la fin de cette guerre, n'avaient pas eu l'agrément officiel de l'adminis­tration militaire et le Service Technique de l'Aéronautique (S.T.Aé), veilla à ce que cette « négligence » disparaisse. Après avoir défini les services attendus d'un tel appareil, le S.T.Aé s'engagea avec le constructeur, la Société Blan ­quier, dans des essais permettant d'en dégager les carac­téristiques. Ces essais, effectués avec le maximum de soins et de sécurité, consistaient à vérifier les performances espérées, en larguant, d'un avion, un parachute lesté d'un mannequin de conformité physique équivalente à celle d'un homme. Ce mannequin était baptisé du nom de Sikky.

Le S. T.Aé n 'autorisait aucun autre mode d'essai, mais la passion alliée à la fougue et à la ténacité d'un jeune sergent-mécanicien de l'armée de l'Air allait bouleverser cette belle ordonnance.

Origines du parachutisme militaire
en France.
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Le 10 juin 1929 au cours de la fête aérienne à Mayence-Thackernheim, en Allemagne, organisée par le 33° Régiment d'Aviation, auquel appartenait ce passionné sous-officier, un événement spectaculaire allait se produire. Enfreignant l'interdiction du S.T.Aé et avec la complicité du pilote de l'avion, l'adjudant Emerich, une des gloires de l'aviation militaire, le sergent-mécanicien Jean-Baptiste Fritz, un rampant, décide de remplacer le mannequin et de sauter de l'avion. Equipé d'un parachute Blanquier, à voilure de coton, il effectue de quatre cents mètres d'altitude un saut impeccable sous les yeux médusés des officiels et du public.
Cet exploit, en contradiction avec les règlements en vigueur, n'en demeurait pas moins un acte d'indiscipline, ce que lui fit savoir le colonel Gudin-du-Pavillon qui commandait le 33ème Régiment d'Aviation. Le général Lehénaff, à qui revenait l'honneur de présider cette céré­monie, fut plus clément et, au lieu d'une punition, remit au sergent-mécanicien jean-Baptiste Fritz une récompense équivalente à trois mois de solde.
Le sergent-mécanicien jean-Baptiste Fritz est, de, fait, le premier volontaire parachutiste militaire français.
L'exploit du sergent-mécanicien jean-Baptiste Fritz a-t-il servi d'exemple et a-t-il été le véritable pionnier du parachutisme militaire ?

On peut le penser. Lors des grandes manoeuvres militaires soviétiques en 1934, organisées près de Kiev et auxquelles assistaient les missions militaires accréditées, les Russes faisaient intervenir des parachutistes. Deux bataillons sautèrent, pourvus de seize pièces légères de campagne, et occupèrent immédiatement la ville qui leur était désignée comme objectif.

La participation des parachutistes changeait la stratégie des manoeuvres classiques, et cc fait fut rapporté par la mission militaire française. A la suite de cette information le gouvernement français envisagea la création d'unités parachutistes et décida qu'une mission soit envoyée en Russie pour s'instruire aux méthodes soviétiques. L'état-major de l'armée de l'Air détache les capitaines Durieu et Geille et l'armée de Terre le capitaine Charley-Durieu.


L'ouvrage de Robert WAGENER. Une mine de renseignements sur les origines du parachutisme militaire en France.
Atlante éditions.
ISBN: 2-912671-30-2